Rachida Dati et la biche
Cette petite biche au milieu des herbes folles me fait penser à Rachida Dati. Hier favorite du Prince, elle est aujourd’hui reléguée à Strasbourg, autrement dit, pour une ministre qui a connu les ors de la Place Vendôme, à la basse-cour. Comme cette biche qui était il y a peu au train d’un beau chevreuil et qui doit maintenant se contenter de brouter seule, exposée au regard du premier venu. Elle avait pensé pouvoir passer sa vie auprès du mâle dominant mais celui-ci, lassé, chaud du fourreau, déclama ce poème à une autre :
Malgré la bataille
Qu’on livre demain
Ça, faisons ripaille
Charmante catin !
C’est donc un peu marrie qu’elle se rangea derrière un autre mâle, dominé celui-là, pour battre la campagne. Une situation douloureuse, inacceptable, emplie de ternitude, terrible pour une jeune première qui, jusque là, avait fait preuve de bravitude. Elle tenta bien de consacrer tout son temps à ses petits, mais le brillant, le clinquant, lui manquaient. Elle n’était décidément pas faite pour cette vie de recluse, même si, à cause d’elle, toujours minaudant et, de ce fait, attirant les chiens des chasseurs, de nombreux autres animaux avaient dû vivre emprisonnés dans leur tanière ou leur terrier.
Peu rancuniers, quand ils virent cette biche écartée, malheureuse, certains d’entre eux intercédèrent auprès du mâle dominant pour qu’il reprenne sa favorite. Il faut dire qu’ils se décidèrent à le faire quand ils entendirent les ragots qui commençaient à circuler sur son compte. En effet, de jeunes chevrettes qui avaient espéré que le Grand chevreuil leur fassent la cour, celui-ci leur accordant de temps à autre une faveur comme pour mieux les maintenir auprès de lui, s’étaient mises à dégoiser sur son compte. Blessée par ces paroles, mais rassérénée par la démarche de ses défenseurs, elle reprit de l’allure et c’est dans cet état que je l’ai croisée un matin.