La grande distribution a tout pourri

Publié le par autourdechezmoi

La grande distribution a tellement su nous embobiner qu’elle a réussi à nous faire croire que, non seulement elle vendait moins cher que le petit commerce, mais qu’en plus elle créait des emplois. Sur le premier point, ce n’est évidemment pas vrai si l’on compare des produits de qualité comparable. Et sur le second, c’est encore bien moins vrai, elle n’en n’a pas créés, bien au contraire, elle en a détruits.

Je prendrai pour exemple l’intercommunalité à laquelle j’appartiens, qui doit être assez représentative de ce type de collectivité en province rurale, avec une ville centre et 21 villages. Elle regroupe au total 27000 habitants.

Dans les années soixante, si l’on fait le total des épiceries, boulangeries et boucheries qui existaient, on estime que ces commerces employaient environ 180 personnes à temps plein, en ne comptant pas les « temps partiels » (terme qui n’existait pas à l’époque).

La plupart de ces commerces ont disparu aujourd’hui, ceux qui restent n’occupent plus qu’une soixantaine de personnes. Si l’on prend en compte les bistrots qui existaient alors et qui, eux, ont quasiment disparu, on peut rajouter 120 emplois à la fin des années soixante, pour une cinquantaine subsistant aujourd’hui.

Résumons : 300 emplois existaient dans les commerces de proximité il y a une quarantaine d’années, il n’en subsiste en 2009 qu’environ 110. Perte sèche : 190 !

Je n’évoquerai pas non plus l’aspect de ces paysans qui possédaient une ou deux vaches laitières, qui produisaient du lait, du beurre et des fromages pour leur consommation personnelle et qui vendaient le surplus, soit directement au consommateur, soit à l’épicerie du village. N’ayant plus de débouchés, ils ont tout arrêté. Dans le seul village où j’habite, ils étaient une quarantaine d’agriculteurs en 1970, ils ne sont plus que 8 aujourd’hui.

Regardons maintenant les moyennes ou grandes surfaces qui se sont créées pour, disent-elles, suppléer ces disparitions. Si l’on ne considère que celles à dominante alimentaire, il en existe quatre qui emploient au total 180 personnes, dont une bonne partie en contrat précaire et avec de faibles revenus. En équivalent temps plein, c’est de l’ordre de 130 emplois.

Au final, 60 emplois manquent à l’appel, en considérant en plus qu’il y avait à l’époque environ 45 millions d’habitants pour 60 millions en 2009, ce qui ramène le déficit à 80 !

Nous pourrions pousser le raisonnement plus loin en évoquant tous les petits métiers qui ont disparu pour des raisons liées essentiellement à la désertification des villages. Mais, pour cela, il faudrait faire des recherches plus approfondies et calculer combien d’emplois ont réellement disparu.

Je crains que ce genre d’étude, menée à l’échelle du pays, ne dévoile des résultats catastrophiques. En faisant une simple règle de trois : un déficit de 80 emplois sur une population de 27000 habitants, ça représente 170.000 emplois de moins.

Je n’irai pas non plus sur le terrain environnemental, et pourtant il y aurait encore beaucoup à dire sur les conditions de cultures permettant de fournir la grande distribution (emploi des pesticides, des engrais, etc.), sur le conditionnement des produits mis en vente (emballages plastique, sur-emballages, etc.), sur l’acheminement des produits (le fameux yaourt qui fait des milliers de kilomètres avant d’arriver sur la table du consommateur), j’en passe et des meilleurs…

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Publié dans énervé

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H
A gillorgues (200 habitants), juste avant la 2ème guerre mondiale il y avait 4 bistrots, au moins deux épiceries, un forgeron, un cordonnier, une école publique, une école privée, un couvent, un curé...une soixantaine d'agiculteurs...<br /> Il ne subsiste aujourd'hui de tout cela que 5 agriculteurs...et...un vieux flic retraité !
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A
<br /> ça doit être dur pour le policier en retraite le manque de bistrots...<br /> <br /> <br />