Pour un retour à une agriculture de qualité
Le rapport de l’AFSSA sur la non dangerosité du maïs transgénique me fait penser au désherbant round-up. Pendant longtemps, ce désherbant a été qualifié de biologique, les écologistes eux-mêmes affirmant qu’il était le seul produit à pouvoir être utilisé sans danger. Et puis, avec l’expérience, on s’est aperçu que son usage n’était pas anodin
Alors, plutôt que de tenter d’introduire sans arrêt ce genre de substances dans notre environnement et, donc, dans la chaîne alimentaire, avec pour seul objectif d’engraisser des multinationales comme Monsanto, nous ferions mieux de revenir à une exploitation réellement biologique de nos terres agricoles. Et pour cela, il n’y a pas d’autre solution que politique.
La situation des agriculteurs est aujourd’hui catastrophique. Dans une région comme la mienne, leur revenu moyen annuel est de 8000 € par… an ! Autrement dit, ce sont des travailleurs pauvres. Grâce à la politique agricole menée depuis quarante ans, avec la complicité du Crédit agricole, les paysans sont endettés jusqu’au cou. Pour atteindre une productivité de plus en plus grande, on les a encouragés à s’équiper de machines incroyables, souvent disproportionnées, mais toujours plus chères. Pour tenter de faire face à leurs échéances, ils ont produit ce qui leur apparaissait, ce qu’on leur disait être le plus rentable, sans grand souci de qualité, ni pour l’environnement, ni pour les consommateurs. Avec les résultats que l’on voit !
Pour sortir de cette situation ubuesque, l’Etat, responsable de cet état de fait, doit agir. Il doit annuler tout ou partie de la dette des agriculteurs avec, en contrepartie, l’engagement formel de ceux-ci de revenir à une production totalement bio. Ce n’est pas compliqué : un paysan qui sait cultiver des terres en déversant un tas de saloperies, sait les cultiver sans ces saloperies. Pour mieux suivre de façon naturelle ses cultures des dégâts potentiels, il suffit de réduire leur étendue. Plutôt que d’élever 400 vaches à grands renforts d’antibiotiques et autres traitements hormonaux, il en remplace la moitié par des cochons, des poules, des lapins,… Il consacre une partie de ses dizaines d’hectares de prairies à la culture du blé et du maïs pour alimenter ses animaux.
La commercialisation de proximité peut se faire à travers des regroupements locaux de paysans qui, à travers des coopératives, reviendront à leur rôle premier et essentiel : nourrir la population et de façon saine. Tout le monde s’y retrouvera : les consommateurs, à travers une alimentation de qualité, et les paysans, dont les revenus s’amélioreront.