Le Salon de l'Agriculture, symbole du pire
Le Salon de l’Agriculture est le symbole de tout ce qui est détestable pour l’agriculture. C’est l’endroit où tout ce qu’il y a de pire est rassemblé.
En terme de machinisme, sont présentés là les tracteurs hyper sophistiqués dont la plupart des paysans n’ont aucune utilité. Il faut savoir en effet que, sur une exploitation moyenne, les capacités du moins performant des tracteurs du Salon ne sont utilisée qu’à 20 ou 30% A quoi servent les 70 ou 80% restants ? A engraisser les constructeurs, le Crédit agricole qui prête l’argent aux paysans, et à endetter encore un peu plus ces mêmes paysans.
Voyons maintenant tous les systèmes d’enclos, d’appareils divers et variés qui sont exposés. Très utiles, vous dira-t-on, ils facilitent la vie des agriculteurs. Certes, mais parce que les paysans obéissent à des règles de production basées sur un rendement toujours plus grand. Si ce n’était que ça après tout, on pourrait se dire : tant mieux, ils gagnent plus. Or, pas du tout, depuis trente ans, les revenus sont quasiment inversement proportionnels aux rendements. Un exemple : un bœuf charolais se vend au boucher au même prix qu’en 1975. Cherchez l’erreur !
Ces mêmes bœufs, et d’autres venus d’autres régions françaises, qui sont exposés au salon. De la même façon que, dans les magazines de mode on montre des mannequins correspondant aux critères de beauté de l’époque, on présente ici ses plus belles bêtes, celles qu’on a obtenues par des croisements génétiques à la Diafoirus, qu’on a engraissées (tiens d’ailleurs, qu’on a engraissées avec quoi ?), qu’on a lustrées pour la photo. Mais dans l’assiette, tout ça, ça donne quoi ?
Je ne ferai qu’évoquer les « produits » exposés au Salon. Toutes ces saloperies qui, là encore, ne visent qu’à un seul but : toujours plus ! Plus de rendement, des légumes plus jolis, des fruits avec de belles couleurs pour séduire le consommateur. Vous croyez qu’on arrive à ces résultats sans détruire la qualité ? Non, bien évidemment.
Ne serait-il pas temps, enfin, de s’engager sur de nouvelles voies ? De réfléchir à ce qui pourrait être bien pour les paysans et pour les consommateurs ? Quelques personnes un peu sensées, soucieuses du bien-être des populations, ne mettraient pas longtemps à trouver des solutions. Et je suis sûr que le Salon de l’Agriculture n’existerait plus…