Paparazzi et photos dites volées

Publié le par autourdechezmoi

C’est une fois de plus assez drôle de consulter les arguments des paparazzi et de leurs diffuseurs à l’occasion de « l’affaire » des photos de Ségolène Royal dans Match.

Les premiers déclarent sans rire que l’on n’a pas à aller à tel ou tel endroit si l’on ne veut pas prendre le risque d’être photographié. Je suggère donc aux paparazzi, qui me font en général plutôt rire, qui font un métier pas inintéressant, de publier une liste des destinations où il ne faut pas aller pour ne pas être pris en photo. Que cette liste soit officielle, régulièrement actualisée et publiée dans tous les journaux où ils vendent leurs photos.

Je demande aussi à Patrick Mahé (qui réagit sur le site du nouvelobs.com) s'il ne se fiche pas un peu du monde en suggérant que les photos de Ségolène ne sont pas volées, prenant pour argument que, lorsque Paris-Match publie des photos volées, elles ne sont pas parfaitement nettes. Patrick Mahé n'était-il pas directeur de la rédaction de Match lorsqu'on a vu les photos de Mitterrand et de sa fille? Elles étaient effectivement pas nettes les photos, tout simplement parce que retravaillées pour donner l'impression qu'elles avaient été volées, alors que l'on a appris un peu plus tard que Mitterrand avait donné son accord, non seulement pour la publication, mais aussi pour la prise. C’est une technique évidemment bien connue de donner l’illusion du vol, alors que bien souvent les sujets photographiés sont d’accord.

Au-delà de toute cette polémique qui, peu ou prou, avantage tout le monde, il reste la dernière étape du processus : l’action en justice. Fort heureusement, il existe des lois régissant le droit à l’image. Elles sont d’ailleurs très strictes, à un point tel que, si elles étaient réellement appliquées, aucune photo ou presque ne pourrait être diffusée sans l’autorisation préalable des personnes photographiées. Cela va même plus loin : une autorisation devrait aussi être demandée pour diffuser une maison, un chien ou un arbre.

A ma connaissance un seul journal en France fait preuve d’une très grande prudence en la matière. Ce n’est peut-être pas le premier auquel on pourrait penser, mais il s’agit bien de Détective qui fait signer (en tout cas il le faisait il y a quelques années) à tous ses interlocuteurs une autorisation de publier propos et photos. Résultat : c’est certainement, dans la catégorie des « people », celui qui a le moins de procès pour atteinte à la vie privée.

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Publié dans énervé

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